Je vois trop de publications qui pointent du doigt les managers toxiques, ce qui pourrait laisser croire qu’ils sont majoritaires. Or selon plusieurs études de 2019 et 2020 (voir références ci-dessous), la proportion serait d’environ 25-30% de managers toxiques contre 70-75% de managers toniques.
En changeant une seule lettre, nous pouvons complètement inverser la perception par une approche positive plutôt que négative. Car ne l’oublions pas, on apprend autant des succès que des échecs.
Un manager tonique, selon les définitions, serait un manager qui stimule, qui donne de l’énergie, qui sait motiver et dynamiser son équipe. Un manager qui donne la bonne tonalité, qui montre l’exemple.
J'ai eu la chance d'en cotoyer plusieurs dans ma carrière, comme autant d’exemples vécus qui peuvent être de belles sources d’inspiration. J'en apporte troix exemples ci-dessous.
Etude ADP 2019 : 23 % des personnes interrogées dans huit pays d’Europe, dont la France, pointent du doigt un management toxique.
Une étude économique de 2019 du site statista mentionne que 30 % des salariés français n'étaient pas satisfaits des relations qu'ils entretenaient avec leur n+1.
Enquête IFOP 2020 : 71 % des salariés français du secteur privé étaient satisfaits de leur manager.
A tout seigneur tout honneur, je commencerai par l’un des managers que j’ai le plus apprécié et avec lequel j’ai eu le plus de plaisir à travailler.
Pourquoi lui ? Comment agissait-il pour que j’en arrive à ce constat ? La réponse est à la fois simple et multiple :
- Il me traitait d’égal à égal, nous pouvions avoir des discussions franches, je savais que je pouvais tout lui dire même lorsque cela n’allait pas dans son sens, car il savait mettre son égo de côté malgré son grand pouvoir ;
- Il agissait en leader, mais savait aussi reprendre sa casquette de manager quand c’était nécessaire ;
- Il me manifestait une grande confiance, me laissait une grande autonomie, tout en me donnant les bons conseils lorsque je les sollicitais ;
- Il savait remercier, féliciter, et le faisait avec une vraie sincérité.
Ce manager m’a permis de :
- Prendre des risques car je savais qu’il me soutiendrait en cas d’échec ;
- Me développer car il agissait comme un véritable coach envers moi ;
- Rester en phase avec mes valeurs car il les respectait et savait rester à l’écoute de mes arguments.
Merci à lui. S’il lit cet article, je suis sûr qu’il se reconnaitra.
J’ai toujours été admiratif des managers absorbeurs de pression.
La pression est souvent très forte en entreprise en général, et sur les épaules des managers en particulier. Le stress est rarement positif car les managers font fréquemment face à des injonctions contradictoires. Ils doivent gérer simultanément la pression des objectifs et des résultats, le bien-être de leurs équipes et leurs soucis professionnels et personnels.
Malgré ce constat, j’ai souvent observé un comportement exemplaire de beaucoup de managers qui savent absorber ce stress et cette pression pour ne surtout pas la déverser sur leurs équipes, et pour la transformer en catalyseur d’énergie. Mieux, ils restent souriants, positifs, toniques en toutes circonstances, même – et surtout – lorsque tous les vents semblent contraires.
Cette attitude positive des managers permet à leurs équipes :
- De travailler dans une ambiance sereine ;
- D’être rassurés et en confiance vis-à-vis de leur manager ;
- De rester optimistes et concentrés sur leurs objectifs ;
- De conserver l’énergie nécessaire à l’atteinte des objectifs.
« Une attitude positive provoque une réaction en chaîne de pensées positives, d’événements et de résultats positifs. C’est un catalyseur qui suscite des résultats extraordinaires. » Wade Boggs.
Au service de son équipe.
J’ai observé avec beaucoup d’attention et d’intérêt cette mutation du rôle du manager (re)générée par les mouvements de l’agilité, du management agile et du management 3.0, mutation qui va jusqu’à parler parfois de « Servant leader ». Certains managers réfutent ce terme car ils s’imaginent le manager servant le café à ses collaborateurs. J’ai d’ailleurs vu des managers le faire, ça n’a rien de dégradant au contraire, mais là n’est pas l’essentiel.
Le manager au service de ses équipes, tel que le pratiquent ceux qui m’ont le plus marqué :
- Met ses équipes dans les meilleures conditions pour qu’elles atteignent leurs objectifs en toute autonomie ;
- Consacre beaucoup d’énergie à lever les barrières qui les empêchent d’avancer ;
- Les valorise, les met en avant pour que tout le mérite et la reconnaissance leur reviennent plutôt qu’à lui-même ;
- Fait grandir ses équipes, les coache, leur permet de se développer et de développer leurs compétences ;
- Prépare et accompagne l’évolution de carrière de ses collaborateurs, et ne les retient pas lorsqu’ils doivent le quitter pour saisir une belle opportunité.
« A tous les niveaux de l’entreprise, libérer le potentiel des équipes suppose de challenger la division inconsciente du pouvoir et d’accepter que le rôle d’un manager puisse aussi être d’accompagner et d’aider ses collaborateurs. » disait Robert Greenleaf, à qui on attribue le concept de « Servant leadership ».